jrcourtois: le blog

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mardi 23 avril 2013

Je crois en Dieu

J'ai du répondre à un sondage où il m'était demandé de répondre parmi :

  1. Je crois en Dieu
  2. Je crois en une force spirituelle
  3. Je ne crois pas en Dieu

J'ai coché la première case, et je me suis (re)posé la question. Qu'est ce que ça veut dire ?

J'ai reçu une éducation catholique, dans une famille pratiquante. Toute la famille allait à la messe tous les dimanches, on participait à la chorale, mes parents étaient bien impliqués, mon grand frère aussi, et ma sœur aînée aussi. Puis après ma confirmation, j'ai préféré rester à la maison pour regarder Telefoot.

De ces années, j'ai retenu des phrases : "Dieu est amour", "Aimez vous les uns les autres", "Peuple de frères, peuple du partage". Le fait aussi que le bonheur n'est peut-être pas dans ce monde, mais dans l'autre. La certitude qu'il existe une finalité, un plan à tout ça.

En fait, si je crois toujours en Dieu, c'est aussi parce que j'ai l'impression que s'imaginer l'infini donne tellement le vertige, que je préfère me contenter de cette réponse. Je ne place pas pour autant toute ma confiance en lui. L'histoire l'a montré, comment Dieu aurait il permis les atrocités, les deux guerres mondiales en particulier. Ma mère m'a répondu que Dieu nous avait créé libre, et que c'est cette liberté qui faisait ce que nous sommes.

Si on ajoute à ça que Dieu nous a créé à son image, alors nous sommes tous égaux, tous frères, tous libres.... Liberté, Egalité, Fraternité, la boucle est bouclée, j'adhère totalement à la devise de mon pays et je suis de gauche pour la solidarité. Car selon moi, la fraternité implique la solidarité, pas la charité.

Est-ce que je crois en un force spirituelle supérieure ? Non, vraiment pas. Pour autant, je ne peux pas dire que je crois en rien. Le dieu auquel je crois a très certainement été inventé par l'homme, pour l'humanité. Comme toutes les inventions, il contient sa part de lumière et d'ombre, de liberté et d'enfermement, de bien et de mal, mais je crois en Dieu, comme je crois dans les mathématiques ou dans l'humour, ou même dans l'amour. Même si je ne l'ai jamais vu, il y a des traces un peu partout, donc ....

mardi 16 avril 2013

Mariage pour tous, ou le divorce de la France

L'enjeu social et sociétal de cette loi est indéniable : un peu comme l'abolition de la peine de mort, ou de l'esclavage.

C'est donc tout à fait compréhensible, que cela suscite des mouvements de rejet, mais j'ai malgré tout du mal à les comprendre. Dans cette famille de rejet, il y a une partie de gens qui sont homophobes, dans le sens où, des gens vivent d'une façon différente de la leur et que cette différence les effraient. Il y a aussi des gens qui ont une réaction encore plus opposée, ce n'est plus de la peur, mais de la haine.

Ceux qui ne se reconnaissent pas dans ces catégories et qui disent : un papa + une maman pour faire un enfant et qui basent leur discours là dessus n'ont pas compris l'enjeu de la loi et confonde les lois de la république avec les lois de la nature. Il fut un temps ou la bible était la source de l'explication de la vie et de tout, mais ces temps sont révolus, et ce n'est pas le code civil qui remplace la bible en définissant l'alpha et l'oméga.

Les deux populations sont mélangées, et peuvent parler ensemble car le lit de leur peur/haine est d'abord celui de la méconnaissance. Et la réponse la plus appropriée à la méconnaissance est bien sûr l'instruction, la découverte, la curiosité, mais ce n'est pas la plus facile. Il est plus simple de refuser le changement, d'invoquer la normalité, la nature comme des valeurs intangibles garantes que le monde ne va pas s'effondrer.

C'est d'ailleurs souvent le reproche qui est fait aux opposants au changement, le fait d'être rétrograde et de vivre au moyen-âge.

De l'autre côté de la barrière, l'écoute de ces opposants est compliquée, des fachos, des cathos, des opposants de droite. On a peu d'ouverture au dialogue, pourtant avec un français sur deux qui est pour et un sur deux qui est contre, il serait simple que chacun d'entre nous trouve un opposant et cherche à le convaincre, simplement.

Il n'est pas forcément nécessaire de le faire comme Karl Zero et de passer par média interposé, néanmoins la démarche me semble nécessaire.

mardi 12 février 2013

Notre-Dame des Landes

Le monde dans lequel je vis ne me convient pas. C'est un point de vue personnel.

Le monde dans lequel les gens qui nous gouvernent croient ou veulent nous faire croire que l'on vit me convient encore moins. Je refuse de croire que le monde est tel qu'on me le décrit. Il faut le plein emploi, la croissance, la recherche absolue du profit. L'être humain ne serait qu'un profond égoïste.

S'il est illusoire de croire que nous pourrions vivre en autarcie, sans que notre voisin, ou que le monde extérieure n'ait aucune influence sur nous, l'inverse est faux aussi. Je veux dire par là, que l'hyper connexion que nous connaissons n'est pas la solution à tout.

Notre-Dame des Landes et son monde, c'est cela. Des gens décident que ce qui ferait leur bonheur nous serait aussi très profitable. Construire un aéroport, qui permettrait par le biais de ces travaux, de créer de l'emploi (c'est bien de lutter contre le chômage), afin de permettre de voir se développer le tourisme (découvrir le monde) et le commerce (augmenter les richesses), que du positif en somme. Tout le monde en profiterait.

Sauf qu'une fois de plus, ce sont surtout certains qui en profiteraient, ceux là même qui veulent nous faire croire que ce projet profitera à tous.

Le problème c'est que de plus en plus de gens, et j'en fait partie, pensent que le modèle de croissance qui est la base de leur raisonnement est totalement périmé. Ce que souhaitent les gens de manière individuelle, ce n'est pas le plein emploi, c'est d'avoir à manger et une fonction dans la société, les gens n'ont pas soif de prendre l'avion, mais de découvrir d'autres réalités, d'autres paysages, les gens veulent bien sur échanger, ce qui est la fonction première du commerce, avant d'avoir envie de s'enrichir. Je sens bien que ce dernier argument est tout à fait subjectif, et sans doute un peu utopiste, et que notre rapport à l'argent est très ambivalent, on l'aime et on le déteste à la fois.

Toujours est il que je pense qu'il est important de lutter. Je ne suis toujours pas prêt pour la révolution, trop peur des dégâts que cela ne manquera pas d'occasionner, mais la lutte, descendre dans la rue. Essayer de discuter avec son voisin, ce que je finirais sans doute bien par arriver à faire. Dans la lutte, on confronte ses opinions, ses convictions, ces attentes à celles des autres, aux réalités des autres aussi. Dans la lutte, on essaye aussi d'innover, on se lance des défis, et c'est bien.

Lutter, c'est quelque fois échouer, mais surtout, c'est se dire que si personne ne dit rien, alors ce sera une défaite assurée.

mercredi 9 mai 2012

Mon dimanche à Berthe de Boissieux (2)

Toute la journée donc à voir passer des électeurs, de droite, de gauche, des jeunes, des vieux, des gens seuls, des familles, par petit paquet, des gens pressés, et des gens qui faisaient découvrir ce qu'est une élection à leurs enfants.

Des gens sont arrivés à 19.45. "A quelle heure fermez-vous ?"

Dans les grandes villes on ferme à 20.00 ou 19.00, cependant, quand on ferme le bureau de vote, si des gens sont rentrés, on leur laisse poser leur bulletin dans l'urne.

Le dépouillement

Une fois que le bureau est fermé, on peut procéder au dépouillement...

  1. Compter les enveloppes
  2. Compter les votants (en comptant sur les listes d'émargement)
  3. Faire des paquets de 100 enveloppes, puis pour chaque paquet de 100 enveloppes
  4. Compter les bulletins
  5. Les secrétaires de bureau font le total et rédigent le procès verbal

Ouais, on peut aller se coucher :-) Même si on a quand même du faire le dépouillement avec les klaxons dans la rue, et en restant le plus neutre possible. De tout façon, même si ça n'est pas très compliqué d'ouvrir une enveloppe, de dire le nom et de mettre une petite barre, le faire pour un millier de bulletin, c'est quand même assez prenant comme activité. Le moindre bruit est très dérangeant. Le stress est présent aussi, la peur de l'erreur, de la fraude. Cette fois-ci, on était 6, une qui ouvrait l'enveloppe, une qui ouvrait le bulletin, une qui disait le nom à haute voix, moi pour faire des petits tas de 10 bulletins. 2 assesseurs pour cocher les bulletins.

Une enveloppe vide, c'est un bulletin nul, une enveloppe qui compte les 2 bulletins différents, c'est nul, si le bulletin est déchiré, ça ne marche pas non plus. Par contre, s'il y a 2 ou 3 bulletins du même candidat, on en garde un et on déchire les autres.

Dans mon bureau, il y a eu 1 bulletin avec quelqu'un qui avait laissé une trace de rouge à lèvres sur chacun des bulletins, mais j'ai été un peu déçu, pas de bulletin du premier tour, ni rien de plus fantaisiste.

Voilà, ça fait une journée bien chargée, pour au final un résultat plus serré au niveau national que dans mon bureau, car on avait quand même plutôt un rapport 60/40...

mardi 8 mai 2012

Mon dimanche à Berthe de Boissieux (1)

Oui, le 6 mai ça n'était pas seulement, un nouveau président qui se veut le garant de l'Unité, ou un candidat-président déçu et déchu qui reconnait l'entière responsabilité de cet échec. C'est aussi des millions de gens qui vont voter, et des milliers de gens pour les accueillir et pour compter leurs bulletins, dont moi.

Arrivée à 7.45 au bureau de vote dans lequel j'avais déjà officié lors du premier tour. Je n'ai pas d'ordre de mission, et finalement au bureau que j'ai tenu 2 semaines plus tôt, ils n'ont plus besoin de moi. Au bureau d'à côté par contre, on me dit qu'on pourrait bien avoir besoin de moi à 17.00, et du coup (les 2 bureaux étant à côté), on me propose de prendre un petit relais à 14.00. Je me dis que je vais voter et retourner finir ma nuit, mais pris de remords, je vais voir au bureau 5. A ben, oui, on est bien content de m'accueillir, chouette, je vais pouvoir faire 8h00 - 20h00 !

Le déroulement du scrutin

L'idée du scrutin tel qu'il est pratiqué en France est que tout soit transparent, et que le vote reste secret. Ainsi quand vous rentrez dans un bureau de vote, vous devez procéder ainsi.

  1. Récupérer une enveloppe, et au moins 2 bulletins proposés.
  2. Vous rendre dans l'isoloir et faire votre choix.
  3. Vous rendre ensuite à votre bureau (celui-ci dépendant de votre lieu de résidence et de votre état civil)
  4. Vous présentez ensuite votre carte d'électeur et votre carte d'identité qui énonce votre numéro d'ordre sur la liste
  5. Un autre assesseur vérifie que vous êtes bien dans la liste
  6. Vous pouvez alors voter
  7. Ensuite vous devez signer la liste
  8. On vous rend vos papiers

SI vous n'avez pas de carte d'électeur, vous pouvez tout de même voter à condition bien sûr d'être inscrit !

En quoi consiste la fonction d'assesseur ?

Le principal but est de s'assurer que l'opération de vote se déroule bien, et cela, même si on ne nous donne pas de formation pour ça. Il y a donc un certain nombre de choses à surveiller.

  1. Pour s'assurer que le vote puisse bien se dérouler, il faut toujours au minimum 2 personnes présentes sur le bureau.
  2. Vérifier l'identité des gens qui viennent voter
  3. S'assurer que toutes ces opérations soient le plus fluide possible.
  4. S'occuper des procurations
  5. S'occuper des gens qui n'ont pas reçu leur carte

Que s'est il passé dans mon bureau ? Plutôt que de faire une liste incomplète, je vais relater un peu les incidents auxquels j'ai été confronté. Déjà, il faut savoir que le 22 avril dernier, le bureau 5 avait été particulièrement chargé, et que les gens faisaient la queue pendant près d'une demie heure. Cette fois ci, le bureau avait été réorganisé et découpé en 2 sous bureau. La liste avait simplement été séparée en 2 suivant l'odre alphabétique. Ce qui veut dire que les gens devaient tenir compte de leur nom pour choisir le bureau de vote. C'est pas forcément compliqué à expliquer, cependant, il y a quand même des gens pour qui ce n'était pas si simple.

Ensuite, s'il y avait bien 2 files pour voter, il n'y avait qu'une seule urne, et le président devait donc bien faire attention à qui pouvait effectivement voter et qui ne pouvait pas. Les personnes agées ne comprenant pas forcément bien tout ce qu'on leur disait, il est arrivé plusieurs fois qu'une personne se précipite sur l'urne avant qu'on ait eu le temps de vérifier son identité et sa présence dans la liste. Une personne notamment a pu glisser son bulletin.

Concernant les procurations, on faisait aussi signer les personnes qui portait un mandat afin d'en avoir une trace, et on s'est trompé une fois, les noms étant les mêmes, on n'a pas vérifié le prénom. Heureusement, les deux personnes étaient de la même famille et étaient venu ensemble. Pour ce genre d'événement, on laisse une trace sur le procès verbal, pour le cas où il y aurait une réclamation. Pour les procurations, il faut savoir qu'il existe un listing reprenant l'ensemble des procurations, et que dans le listing des inscrits, sous le nom du mandant, on a le nom et le bureau du mandataire, et l'inverse sous le nom du mandataire. Cela permet de renseigner le mandataire s'il le demande. Pour voter quand vous avez une procuration, et que vous avez la carte d'électeur de votre mandant, c'est encore le plus simple pour les assesseurs. Si vous êtes au même bureau, commencez par voter pour vous même en précisant que vous avez une procuration, on pourra facilement trouver le numéro de votre mandant.

La plupart des gens arrivent au bureau avec leur carte d'électeur, certains cependant l'ont soit perdue, soit pas reçue. Il est possible que vous ayez déménagé sans signaler votre changement d'adresse en mairie (même dans la même ville), auquel cas, la carte est retournée en mairie, et est présente sur le bureau de vote, il est conseillé de la récupérer pour éviter d'être radié. Votre rattachement à une liste dépend en effet de votre domicile (je ne suis pas juriste, mais à la lecture de cet article : http://libreinfo.perso.neuf.fr/plaquette04_25.htm , c'est pas forcément là où vous habitez, mais vous devez quand même pouvoir y relever votre courrier). En fait, la mairie risque de vous radier de la commune si les courriers qu'elle vous envoit lui revienne chaque fois. Il faut aussi savoir que les listes sont refondues tous les 5 ans. En effet, des personnes disparaissent, déménage et d'autres apparaissent. C'est d'ailleurs surtout pour les personnes qui emménage ou qui acquierent le droit de vote que c'est le plus long, quand elles n'ont pas leur carte. Si vous avez une carte qui n'est pas la dernière, le numéro de la liste ne correspondra pas, n'hésitez pas à demander que soit mis le numéro le plus récent, cela simplifiera grandement vos démarches lors du prochain scrutin.

Une autre fois, une personne est arrivée pour voter, et une signature apparaissait déjà dans son cadre, il y avait visiblement eu une erreur de ligne, il faut dans ce cas noter cette erreur au procès verbal. Une autre fois, le cas était plus litigieux, la personne avait commencé à signer sur une ligne ne correspondant pas du tout à son nom, à ce moment elle avait été interrompue et conduite à signer à la bonne place. Ce fut un peu houleux lorsque la personne est venue voter et qu'elle a trouvé cette ébauche dans sa case. Tout cela s'est finalement réglé calmement.

J'ai aussi fait une bourde, puisque j'ai oublié de faire signer une personne, heureusement cette personne était encore dans la salle et on a pu la rattraper, mais la vigilance est nécessaire tout le temps.

Enfin, c'est la personne qui est autorisée à voter qui doit déposer le bulletin dans l'urne, afin qu'on soit sûr qu'il s'agit bien d'elle qui vote. Il est important de comprendre cela, souvent les enfants ont aussi pris des bulletins de leur côté, il faut que les parents soient sûrs qu'il s'agit bien du choix qu'ils ont fait qui atterrit dans l'urne.

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