J'ai vécu avec mes parents jusque mes 18 ans, voyant que mes frère et sœurs avaient quitté le cocon à cet âge, je savais que mon tour viendrait. Cette perspective ne m'enthousiasmait pas plus que cela, mais je n'étais pas non plus spécialement effrayé. A l'époque trouver un appartement sur Paris étant sans doute moins compliqué qu'aujourd'hui, aussi, j'ai vite trouvé un studio dans lequel j'ai passé mes études, un peu loin de mon école, un peu plus près de la capitale. Je pensais y trouver un travail, mais finalement non.

Donc pour changer et voir un peu plus de gens, je me suis mis en quête de faire de la coloc. Pas évident après avoir passé presque 7 ans tout seul, après avoir goûté à la liberté, personne à prévenir quand on rentre tard, personne pour gueuler que c'est pas rangé, pas lavé. Personne pour gueuler que le frigo est vide, qu'il y a rien dans l'assiette.

Et puis finalement, tout se passe, quelques frictions, quelques coups de gueules, quelques gros ralages aussi. C'est pas facile de supporter les autres, ni de se supporter, se voir ainsi devant ses défauts. Mais ce qu'il y a de bien, c'est qu'il y a quasiment toujours quelqu'un le soir pour nous empêcher de nous faire du souci, une opportunité de prendre l'apéro, l'occasion de débats enflammés. Enfin bref, je suis à l'aise à un point que j'ai du mal à me rappeler ma vie d'avant, à m'imaginer me retrouver seul à nouveau, peut-être que j'ai eu de la chance sur les gens avec qui je vis, et que finalement, la vie est simple quand on est avec des gens qui ne se prennent pas la tête...