Juste le bruit des portes automatiques qui se referment. Je suis assis, le train roule. La ville, la Seine défilent. Doucement. Le train s'arrête, d'autres voyageurs, on monte, on descend, on repart. C'est comme ça chaque matin. Bientôt le tunnel, les entrailles de la ville. En tournant la tête on apercevrait la Tour Eiffel, trop tard. Le bruit du train se fait plus fort. Un peu de lumière, c'est le pont de Bir-Hakeim. Il ne fait ni chaud ni froid ce matin. Plutôt gris, pas de pluie. Les stations défilent, je ne fais plus attention : chacune a sa lumière propre. La ligne est droite, pas de surprise, dans ce sens là, je ne me retrouverais pas à Marseille. Encore deux stations. Quelques chuchottements, "Pardon monsieur", "Bonne journée". Comme si la nuit n'était pas n'était pas totalement finie. A t-on peur de déranger quelqu'un, de le réveiller ?

Je me lève un peu avant que le train ne s'arrête. Saint Michel, je change de ligne. Une descente au plus profond de la terre. Descente des escaliers à toute vitesse.... Trop tard. J'attendrais sur le siège froid en regardant passer les trains. Heureusement, je trouve un métro, je vais pouvoir faire les mots fléchés.
Finalement, il arrive. Je n'ai pas fini. Pas de place assise dans ce train. J'attends dans le couloir qu'une place se libère. Du monde descend, mais beaucoup monte. Je suis assis, je fini mon mot fléch. J'ai pas trouvé 3 mots... Tant pis. C'est bruyant dans ce wagon. Mais pas plus gai que le précédent. C'est le début de la journée, on ne sait pas trop ce qu'elle nous réserve. On redécouvre le ciel. Quelques arbres aussi, au fur et à mesure que l'on s'éloigne de Paris. Je ferme un peu les yeux, je m'évade. Chacun est dans sa bulle, son livre ou son journal.
Les maisons en construction, les routes embouteillées. Bientôt Antony et direction l'aéroport pour les touristes ou les hommes d'affaires. Une jeune fille s'assied en face de moi... à moins que non... c'est un jeune barbu finalement. Tant pis, elle est sur le siège à côté. Une école, un mur taggé, des bureaux, des pavillons, des grandes tours... Joli paysage en vérité. Des gens qui sourient sur des affiches qui parlent de voyages, de rasoirs, de vêtements... On a des évasions publicitaires. Un pont en fer : Massy. Ses trains, ses bus, son TGV, ses parkings. Tous ces gens qui montent. Encore quelques arrêts et je serais à Orsay.... Enfin, si le train veut bien redémarrer. Il ne fait pas bien chaud non plus, mais on aura peut-être la chance de voir le soleil aujourd'hui. Massy ses lignes de trains et ses lignes électriques. Au sud de Palaiseau, c'est un peu plus vert. Je profite des dernières stations pour sortir du sommeil ! Le soleil darde ses rayons ! selon l'expression consacrée. Lozère plus que deux stations. Un peu de marche, montée vers le bureau, et en route pour une journée de travail.