Cela ne fait pas encore tout à fait une semaine que je suis revenu de Bamako, je me remets tout juste du voyage. Finalement, ce n'était pas un passager clandestin dans les intestins, et de ce côté ci tout rentre dans l'ordre.

Par contre, je crois que je n'étais pas préparé à ce que j'ai vu et que le choc fut assez violent. Le Mali est l'un des pays les plus pauvres au monde, et cela veut effectivement dire quelque chose. C'est sale, ça ne sent pas bon, le blanc est celui qui a l'argent et constitue donc une ressource "naturelle" à laquelle on peut puiser.

J'ai pris un peu plus de 200 photos, mais très peu d'africains, que des paysages, de jolis monuments, parce qu'au dela du choc, c'est ce qu'on a envie de rapporter. Et donc c'est vrai que ce pays est magnifique, c'est vrai que les Maliens sont très serviables, très honnête, mais c'est vrai aussi qu'ils en veulent à notre argent, un peu comme les capitalistes, les publicitaires, les commerciaux : ce putain de modèle occidental.

Pour moi qui suis plutôt de nature utopiste, qui pense qu'on peut changer le monde si on en a vraiment envie, le choc est assez rude, et c'est pour ça que j'ai un peu de mal à raconter tout ce que j'ai vu, car c'est indissociable de ce que j'ai vécu. Et ce vécu là est assez difficile à transmettre.

Pour en revenir au sujet de départ, les voyages sont nécessaires, voir d'autres choses, vivre un peu les choses que l'on nous raconte, écouter un chef de village nous faire la leçon de l'histoire de France telle qu'il l'a vécu... Aller vers les autres pour apprendre à se connaître.