Dimanche 22 juin (Gouli)

A 8h00, notre 4x4 nous attend pour partir. Enfin, 4x4, c'est vite dit : il s'agit juste d'une Berline Toyota, point barre. Sacré Dolo ! Un passager supplémentaire nous accompagne. Il s'agit d'un guide qui rentre au pays après une excursion de 2 mois dans toute la France. Parler de saucisson, de jambon de spécialités culinaires diverses et variées nous fait passer les 2h30 de trajet rapidement. Nous mangeons et faisons la sieste dans une très petite auberge sur le plateau pas loin des falaises du Pays Dogon. Le soleil cogne dur et il faut attendre 16h00 avant d'entamer la descente.

Dolo me fait comprendre qu'il serait bon de changer mes tongs contre mes baskets. Or des femmes sont arrivées avant manger de la falaise avec de grandes bassines de bière de mil. Elle n'avait aux pieds que des tongs ... Arrivé dans le vilage de Tiléry au pied de la falaise, je reconnais que Dolo avait raison : les baskets étaient nécessaires. Chapeau à ces femmes et putain d'égo de merde.

Après avoir déposé nos sacs à dos dans un campement, nous faisons le tour du village avec nos noix de cola à offrir. Cimetière dans la falaise, grenier masculin pour le grain, féminin pour les bijoux et autres, mil concassé pour la bière, case à palabre basse de plafond pour rendre la justice, le tout accroché au pied de la falaise. Avec en vis à vis, la plaine avec ces dunes orangées, ces herbes rases et quelques arbres.

Le tout est "magnifique" comme nous dit Dolo. C'est le moins qu'on puisse dire.

Profitant du coucher du soleil, et donc d'une température plus clémente, je pousse la visite du village jusqu'aux dunes de sable rouge qui surplombe la lit de la rivière et marque le début de la plaine.

Le sable y est très fin et je peux voir s'étendre la falaise d'un bout à l'autre de l'horizon. Comme dans le désert de Tombouctou, c'est avec émotion que j'ai une petite pensée pour chacune des personnes que je connais : famille, amis, potes, collègues et tout et tout, chacun y a le droit.

Après le repas du soir, nous finissons nos bières de mil sous un ciel maculé d'étoiles. La lune n'est pas encore levée et l'on peut enfin profiter de ce spectacle.

Mais la nuit sera tourmentée. La pluie menace avec ces éclairs de chaleur qui éclairent l'horizon et ses bourrasques de vent soulevant la poussière omniprésente sur la terrasse où nous dormons. Et quand le vent se calme, les moustiques pointent leurs nez. Et dire que demain matin, nous allons marcher pendant 2h00 sous le soleil ...

Lundi 23 juin (Gouli)

La pluie aura finalement attendu le matin pour tomber. Enfin, la pluie est un bien grand mot : quelques gouttes à peine, juste de quoi mettre les matelas à l'abri au cas ou ça empire.

Une deuxième averse, légèrement plus forte, accompagnera notre départ pour Ibery. Pareil, celle-ci durera 15 min à tout casser. Mais c'est déjà : 1 ou 2 degrés en moins, on est toujours partant !

Nous marchons à un bon rythme et arrivons à Ibery vers 10H00. Nous avons vu la case à palabre édifiée en l'honneur de Jacques Chirac, chef d'honneur Dogon, inaugurée lors de sa visite en 2003.

Nous mangeons tôt et en attendant la reprise de la route, nous rattrapons notre écriture sur le livre de bord, au frais dans un campement. Les réserves d'eau achetées à Mopti sont presque épuisées et n'ayant que peu d'argent à dépenser, nous optons pour emmener de l'eau du puits pour nous rafraichir. La chaleur est trop importante et tentation est trop grande pour s'occuper des problèmes que cela pourrait nous causer.

Vers 14h30, Dolo revient. Le ciel est devenu quelque peu nuageux et des éclairs apparaissent au dessus de la plaine. Nous décidons de partir avant que l'orage arrive sur nous.

En fait, durant les 4 km jusqu'à Banani, nous serons pris en étau entre 2 orages : un sur le plateau et un sur la plaine. Nous aurons le droit à quelques maigres averses qui s'avéreront les bienvenues : elles rafraichissent la température ambiante et atténue la poussière du sentier que nous empruntons.

L'arrivée à l'hotel du Caméléon à Banani est récompensée par un bidon de 4 litres de bières de mil !

Après le repas, JR s'offre un petit plaisir : une Castel fraiche. Du moins d'après le serveur car au final,elle est à peine plus fraiche que la température ambiante !

Dolo, quant à lui, passe sa soirée entre des guides et "une gazelle" serveuse à l'hotel qui s'avérera être "un coup perdu" d'après Dolo, rien ne s'étant passé. Sacré Dolo !