Dans l'imaginaire collectif, le progrès est érigé en modèle. Progrès scientifique, progrès dans la médecine, progrès technologique, allongement de l'espérance de vie, diffusion de la démocratie parmi tous les peuples... Cette notion est tellement prégnante dans la société que ceux qui pensent que c'était peut-être mieux avant se font traiter de rétrograde. Non, il faut continuer d'avancer, si possible de plus en plus vite, peu importe la direction d'ailleurs. L'important n'est pas là, l'important est d'aller plus haut, plus vite, plus loin ; de travailler plus pour gagner plus. Le monde dans lequel on vit est un monde dont la seule valeur est l'argent. Au départ, il ne s'agissait que d'un outil pour faciliter les échanges, il est ensuite devenu une marchandise, un but en soi. Pour être finalement aujourd'hui le principal prisme pour analyser la société.

Qu'on soit clair, quand je parle de décroissance, je ne veux pas dire qu'il faille revenir à la bougie, ni à l'époque de cro magnon comme on voudrait nous le faire croire. La croissance ne veut pas dire l'amélioration du niveau de vie de chacun, la décroissance n'implique pas non plus la diminution du niveau de vie de tous. Quand on parle de décroissance, on veut dire deux choses, tout d'abord, le thermomètre qu'il constitue ne nous renseigne pas vraiment sur l'état de la société, et par ailleurs, il nous entraîne vers un mur : en effet une croissance infinie dans un monde aux ressources limités est sans doute l'escroquerie la plus énorme de ces derniers siècles...

Je pense sincèrement qu'un autre monde est possible, qu'une autre forme de société est envisageable. Une société qui prenne en compte le monde qui nous entoure, à la fois notre planète et aussi les gens qui sont autour de nous.

Cette société est à bâtir, et ne se fera sans doute pas en un jour, mais imaginons juste une société sans banque multinationale, sans publicité, sans télévision...